
Développement des villes africaines: Le bel exemple de Koumassi à copier
16 août 2026 — Virginie Andriamirado
Afin de lutter contre le désordre urbain et surtout le racket routier, le District Autonome d’Abidjan a travers la mairie de Koumassi, a mis en place, une réforme en quatre volets qui a eu impact retentissant sur les populations de la commune de Koumassi et qui pourrait inspirer d’autres cités à faire de même. L’exemple le plus édifiant pour éradiquer ce fléau est celui de la commune de Koumassi où le Dr Cissé Ibrahima Bacongo, alors maire, a réussi l'exploit de démanteler totalement ce réseau. Voici sa méthode radicale qui a fait ses preuves et qui pourrait aujourd’hui inspirer le reste du pays.
L’interdiction totale du syndicalisme routier
En juin 2019, la mairie de Koumassi a frappé un grand coup en prenant l’arrêté municipal n° 19/07/C.KSSI/SG/DARC/BJ. Cet arrêté stipule la suspension jusqu'à nouvel ordre de toute activité syndicale liée au transport communal et intercommunal sur tout le territoire de Koumassi. En retirant la légitimité des syndicats de transporteurs dans la commune, il a rendu illégale toute forme de collecte d’argent sur les chauffeurs, les fameux «droits de chargement» imposés par la force. Cependant, poser un cadre légal ne suffisait pas. Pour asphyxier financièrement les réseaux de racket, il a fallu s’attaquer directement à leurs quartiers généraux qui sont les gares routières sauvages.
Le démantèlement des gares anarchiques
Les ‘’gnambros’’ prospéraient grâce au désordre urbain. La mairie a fait procéder à la fermeture définitive des gares routières spontanées et informelles, notamment celle qui obstruait le grand carrefour de Koumassi. L’occupation anarchique des voies publiques par les minicars et les taxis communaux a été interdite, privant les ainsi les squatteurs de leurs principaux points de contrôle et d’extorsion des fonds. Une fois les textes votés et les gares interdites, l’étape la plus délicate a été l’application stricte de ces mesures face à des groupes souvent violents.
La répression policière et les vagues d’arrestations
A ce niveau, les éléments de la police nationale et de la police municipale ont mené des opérations de traque régulières sur le terrain. Tous les individus pris en flagrant délit d’extorsion de fonds sur les chauffeurs ou d’organisation de gares clandestines ont été systématiquement arrêtés et transférés devant les tribunaux. Enfin, pour éviter que ces arrestations ne soient vaines et que les ‘’gnambros’’ ne reviennent squatter les mêmes lieux, la mairie a immédiatement entrepris de métamorphoser durablement le paysage urbain.
La libération et la rénovation des espaces publics
En plus des gares, la mairie a ordonné d’importantes opérations de déguerpissement des installations qui encombraient les trottoirs. Cette transformation urbaine a rendu impossible la réinstallation physique de ces groupes de collecteurs informels. Grâce à cette approche sans concession, le phénomène des ‘’gnambros’’ a sensiblement été étouffé à Koumassi, faisant de la commune un modèle de gestion urbaine en Côte d’Ivoire. En conclusion, cette méthode éprouvée se présente véritablement comme un modèle à généraliser pour assainir durablement le secteur des transports aussi bien en Côte d'Ivoire qu’ailleurs en Afrique.


