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ON EN RIT OU ON EN PLEURE ?Tours de passe-Passe africains

Tours de passe-Passe africains

15 août 2026Nyakele Tologueren

Dans mes idées et sautes d’humeur, il m’arrive de penser des choses en grattant la tête comme si des poux me grignotaient la cervelle. Tiens, et si cette semaine, ce pays voisin se mettait à jouer au prestidigitateur judiciaire : vingt ans de réclusion brandis comme trophée de souveraineté, puis, d’un claquement de doigts, une grâce présidentielle pour l’agent français de la DGSE. Le régime transforme son propre verdict en accessoire de scène, comme ces magiciens qui enferment un volontaire dans une boîte avant de le libérer sous les applaudissements. Sauf qu’ici, l’applaudissement est diplomatique, et le public reste avec l’impression d’avoir assisté à un numéro où la justice n’était qu’un décor en carton.

Pendant ce temps, les co-accusés nationaux (des officiers pourtant présentés comme les complices locaux) croupissent dans un purgatoire procédural. Eux n’ont pas droit au tour de passe-passe, ni à la sortie secrète par la trappe diplomatique. Leur dossier avance à la vitesse d’un convoi militaire sans carburant : lent, silencieux, et surtout très utile pour rappeler à chacun que la loyauté se mesure désormais à l’épaisseur du brouillard judiciaire qui vous entoure. La grâce de l’étranger devient alors une ironie cruelle : le seul qui sort est celui qui n’était pas censé appartenir à la maison.

Au fond, cette grâce ressemble à un aveu involontaire : le procès n’était pas une quête de vérité, mais une chorégraphie politique. On condamne fort, on gracie vite, et on laisse les nationaux dans l’ombre pour maintenir la tension interne. C’est le théâtre d’État dans sa version la plus cynique : l’étranger sert de symbole, les officiers servent d’otages institutionnels, et la justice sert de rideau. Comme dit le vieux proverbe sahélien : « Quand le tambour parle trop fort, c’est pour couvrir le silence du griot. » Ici, le tambour, c’est la grâce ; le silence, c’est l’absence de procès pour les autres. Bon,je sais, vous savez : ce n’est qu’une autre bizarrerie. Je n’ai dit le nom de personne.

En vérité, l'Afrique et ses africains ne sont pas à des bizarreries près et à un paradoxe près

N
Nyakele Tologueren

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